Archives for dans mai 2018

Non à la loi sur la Caisse de pension de la Police et du personnel pénitenciaire

Tout au long de leur carrière, les fonctionnaires de police et des établissements pénitentiaires sont appelés à grader. Cette augmentation en grade s’accompagne bien entendu d’une augmentation de salaire. A ce moment-là, les policiers.ères ont la possibilité de faire un rappel de leur cotisations pour leur caisse de prévoyance, c’est-à-dire de faire comme s’ils avaient gagné leur nouveau salaire dès le début et donc payé leurs cotisations par rapport à celui-ci. Jusqu’à maintenant, l’État finançait en moyenne 80 % du rappel. La nouvelle loi vise à supprimer ce régime-là et laisse les fonctionnaires de police et des établissements pénitentiaires devant un choix : prendre eux/elles-même le rappel en charge ou y renoncer.
La Jeunesse Socialiste Genevoise s’oppose fortement à cette réforme antisociale portée par la droite libérale et scandaleusement soutenue par les Vert-e-s. En effet, cette nouvelle loi signifie une détérioration nette des retraites des policiers.ères, ainsi déconnectées de leur salaires réels. Les partisan.ne.s de la nouvelle loi tendent de dépeindre la situation des policiers.ères comme un privilège, de la même façon que Macron le fait en France avec les cheminot.e.s, alors qu’il ne s’agit simplement que de retraites de qualité, dont l’entièreté de la population devrait pouvoir bénéficier. Ainsi, ils/elles montent les 99 % contre les fonctionnaires de police, les détourant ainsi des réels privilégiés : les 1 %. Enfin, cette réforme s’inscrit dans un mouvement massif de démantèlement des retraites. Dire non le 10 juin, c’est dire non toutes ces mesures d’austérité qui toucheront tant la fonction publique que les secteur privé dans les années à venir.

 

C’est pourquoi la JSG recommande de voter NON à la modification de la loi sur la Caisse de prévoyance de la Police et du personnel pénitentiaire.

OUI au plan directeur du PAV

Le quartier Praille-Acacias-Vernets est actuellement la plus grande zone de développement urbain potentiel à Genève. Tous les partis tombent d’accord sur la nécessité de transformer en véritable ville cette zone industrielle aux portes de Carouge. Mais qu’est ce qui doit être construit sur cette parcelle ? C’est ce que la loi sur l’aménagement du PAV règle aujourd’hui.
Un référendum a été demandé par le camp bourgeois contre la dernière mouture de cette loi. Pourquoi ? La droite considère que le pourcentage de logements sociaux prévu par la loi (62% du total) est bien trop grand. Inversement, elle affirme que le pourcentage de logements en propriété par étage (PPE) est trop faible (12%).
La Jeunesse Socialiste Genevoise, elle considère ce haut taux de logement sociaux comme une nécessité. En effet, le logement est un besoin de base de tout un chacun et actuellement le marché immobilier capitaliste ne fournit pas les logements nécessaires à la population genevoise. De plus, la crise du logement et la spéculation immobilière font que les loyers augmentent sans cesse et que les promoteurs sont motivés à construire des locaux commerciaux, plus profitables, et donc à accentuer la crise. Ainsi, il est clair que le manque de logements abordables trouve son origine dans les mécanismes du système capitaliste. C’est pourquoi, à long terme, il est nécessaire d’abolir ce système économique et de le remplacer par une planification socialiste qui construirait des logements selon les besoins des gens et non pas selon la nécessité de faire du profit. Toutefois, les gens ont maintenant besoin de se loger et c’est pourquoi il est aussi nécessaire de se battre aujourd’hui pour imposer des limitations au marché capitaliste du logement.
En forçant 60% de logements sociaux et 2 logements pour un emploi dans le nouveau quartier Praille-Acacias-Vernets, la nouvelle loi d’aménagement pose ces limitations et permettra de fournir un tant soit peu ce dont les genevois ont besoin, c’est-à-dire des logements abordables, nombreux et proches du centre-ville pour que les travailleurs ne doivent pas continuellement s’en aller vers la périphérie.
C’est pourquoi la Jeunesse Socialiste Genevoise recommande de voter OUI à la loi sur l’Aménagement du PAV.

NON à la nouvelle loi sur les jeux d’argent

Le 10 juin prochain, nous voterons sur la nouvelle loi sur les jeux d’argent. Voici les principales innovations de cette loi :

  • exploitation en ligne des jeux d’argent si proposées par des maisons de jeu sises en Suisse
  • contribution annuelle d’un 1mio de CHF à l’AVS, à la culture et au sport
  • exonération des gains aux jeux jusqu’à 1 million de CHF.

Le PS, les Verts et la Loterie Romande sont en faveur du texte mais la Jeunesse Socialiste Suisse, les Jeunes Vert.e.s Suisses s’y opposent tout comme economiesuisse et le PLR- désavouant ainsi son comité directeur (!). Difficile donc de se faire un avis sur cette loi en ne s’intéressant qu’aux recommandations de vote des différents partis et groupes d’intérêts… Il convient donc de regarder un peu plus en détail cette loi pour se forger une opinion.

1) La censure d’internet
La nouvelle loi sur les jeux d’argent permet l’ouverture d’un nouveau marché extrêmement lucratif : les jeux d’argent en ligne. Toutefois, seules les entreprises sises en Suisse pourront en proposer. Les autre maisons de jeu seront exclues du marché helvétique, ce qui passe concrètement par une censure au sein de la toile. C’est cette censure qui a profondément irrité les partis et organisations libérales, en effet quoi de pire pour elles qu’une limitation de la libre concurrence et de la (pseudo-) liberté individuelle des consammateurs.trices ? Mais revenons à cette censure. D’aucuns affirment qu’il s’agit là d’une dangereuse dérive autoritaire, nous n’irons pas jusque-là. Cette loi crée néanmoins un précédent : la possibilité de limiter internet pour le bien de la population et de son économie. Or, décider de ce qui est bien ou pas pour la Suisse est un acte éminemment subjectif, et offrir la possibilité à des institutions bourgeoises de le faire n’est pas une réjouissance pour nous. De plus, un tel blocage est facilement contournable. Cela mènerait donc à la création d’un marché noir du jeu en ligne extrêmement opaque. L’un des arguments invoqués pour justifier cette censure est que les maisons de jeu étrangères ne paient pas d’impôts en Suisse et ne contribuent donc pas au bien commun. Cet argument est tout à fait correct. Toutefois, c’est également le cas de tous les géants d’internet (GAFA). Et tout comme les maisons de jeu, ces entreprises ont nombre d’impacts négatifs sur leurs client.e.s. Or, on bloque pas ces sites-là ;ce serait absurde d’ailleurs. Ce pour quoi il faut se battre, c’est que ces entreprises, GAFA, maisons de jeu en ligne ou autres, paient réellement leurs impôts.

2) Des mesures de prévention insuffisantes
Selon les paritsan.nne.s de la réforme, celle-ci améliorerait la prévention en matière d’addiction aux jeux d’argent. Il faut dire que cela est nécessaire. Aujourd’hui on compte 75’000 personnes addictes aux jeux d’argent, ce qui représente des coûts sociaux d’entre 551 et 648 millions de francs par an. Or, le Parlement a biffé toutes les mesures de prévention, à l’exception certes de mesures d’exclusion des personnes dépendantes des casinos. Pire encore, la nouvelle loi introduit une défiscalisation des gains situés en-dessous du million, soit la quasi-totalité des gains. Cette mesure, en plus d’engendrer des pertes conséquentes pour l’État- et ce, alors que les mesures d’austérité pullulent-, renforce encore un peu plus le potentiel addictif des jeux d’argent. En effet, la possibilité de gagner plus qu’en travaillant, sans devoir payer d’impôts sur ce gain, le tout en quelques secondes, que faut-il de plus pour rendre un.e joueur.euse dépendant.e ?

3) Des mesures sociales profondément antisociales
1 milliard pour le sport, l’AVS et la culture ! Depuis le début de la campagne, c’est le seul et argument qu’utilisent les Verts et le PS pour voter en faveur de cette loi. Un milliard…il est vrai que c’est alléchant. Mais d’où vient ce milliard ? Du jeu… et donc des joueurs.euses. Mais qui sont ces personnes ? Certainement pas des riches, non, ce sont plutôt des personnes précarisées qui rêvent d’argent facile et rapide, à la fois pour se sortir de leur situation précaire et pour tendre vers cet idéal de richesse implanté dans leurs têtes par des années de propagande bourgeoise. Résumons : les Socialistes et les Verts veulent donc faire payer des pauvres pour financer des prestations qui leur sont en grande partie destinées. C’est absurde ! C’est même révoltant. D’aucuns rétorqueront que l’on ne peut pas faire autrement, les choses étant comme elles sont. Ce sont les mêmes personnes qui défendaient PV2020 avançant qu’un meilleur compromis ne serait pas obtenable au sein du Parlement. Nous, nous ne nous arrêterons pas au meilleur compromis possible, au moindre mal, non, nous nous battrons pour un État social fort, et si ce combat ne peut être mené au sein des institutions bourgeoises, nous l’amènerons dans la rue et irons chercher l’argent là où il est : dans les poches des riches.

OUI à l’initiative Monnaie Pleine

La Jeunesse socialiste genevoise soutient l’initiative « Monnaie pleine ». Celle-ci a le
mérite de provoquer un débat politique autour du thème méconnu de la création
monétaire. Le pouvoir accordé aux banques privées de créer de la monnaie (sous
une forme bâtarde) est une des sources du processus de distribution exacerbée des
richesses crées par les travailleurs aux exploiteurs ayant cours depuis une trentaine
d’années.
L’initiative Monnaie Pleine a donc pour but de faire que seule la banque nationale
suisse puisse créer des nouveaux francs. Actuellement, une banque privée utilise
une part de l’argent que les particuliers déposent chez elle pour le prêter à d’autres
personnes et crée ainsi de la monnaie en plus. Ainsi, la majeur partie de la création
monétaire échappe au contrôle de l’Etat. Cela pose donc un risque systémique
puisqu’il n’y a pas de vision d’ensemble de la création monétaire et la gestion de la
masse monétaire ne se fait pas pour les intérêts du plus grand nombre.
Bien que le texte de l’initiative ne soit pas suffisamment radical pour empêcher nos
dirigeants économiques de court-circuiter largement la volonté de ses concepteurs
au cas où elle serait acceptée, et, plus généralement, malgré l’optimisme de la part
de ces derniers quant à la capacité des mesures qu’ils préconisent (en particulier
« nationaliser » le crédit) à bouleverser les rapports de forces économiques actuels
et la trop grande confiance accordée à l’Etat de gérer l’économie en faveur des
travailleurs, il s’agit d’une initiative foncièrement progressiste et donc digne d’être
soutenue. Cette initiative à le mérite de poser la question du pouvoir des banques
privées sur ce qui nous sert à faire des transactions au quotidien.

C’est pourquoi la Jeunesse Socialiste Genevoise recommande de
voter OUI à l’initiative Monnaie Pleine.