Pourquoi maintenant ?

Pourquoi maintenant ?

Nous vivons un moment historique déterminant, car notre époque voit la conjonction d’un ensemble de crises découlant de notre mode de production et d’organisation capitaliste.

La crise économique systémique que nous subissons aujourd’hui en Europe est la plus grave depuis le début du XXe siècle. L’endettement étatique, conséquence d’une politique libérale de réduction des recettes de l’État, de la corruption systémique, de la crise financière (sauvetage des banques), et de dépenses sécuritaires ou militaires inutiles, a conduit les gouvernements européens, vendus à l’oligarchie capitaliste, à mener des politiques néolibérales d’austérité.

Ces politiques d’austérité ont amplifié de manière exponentielle les conséquences de la crise économique en jetant dans une pauvreté crasse des pans entiers des populations du sud de l’Europe, que ce soit en Grèce, en Espagne, au Portugal, et même en Italie. Le chômage, des jeunes notamment (parfois 50% !), explose, les pensions des retraites sont sabrées, les assurances sociales réduites, les services publics hachés menu ou simplement vendus au capital (privatisés) et les droits fondamentaux écrasés dans la boue du mépris des classes dominantes pour le reste de la population.

Mais à ces crises économiques et sociales s’ajoute une crise politique profonde, car pour imposer leur politique dévastatrice, les classes dominantes ont partiellement renversé la pseudo-démocratie politique qui existait auparavant en mettant au pouvoir des gouvernements de pantins technocrates non élus (en Italie), ou ont appelé à l’union sacrée pour sauver les intérêts du capital.

Face à ces atteintes à leurs droits légitimes et à leur intégrité, de nombreux mouvements sociaux populaires se sont formés pour lutter contre le totalitarisme austéritaire, seule stratégie du capitalisme contemporain.

Indignés, Anonymous et autres révoltés ont organisé occupations et actions de résistance dans tout le monde occidental. Malheureusement, le capitalisme a envahi la superstructure idéologique en imposant son hégémonie, opacifiant toute alternative à sa domination.

Cette crise idéologique est le couronnement de toutes les crises, car elle assèche les capacités de lutte, de résistance et de subversion des populations dominées et exploitées.

Enfin, la crise écologique continue de prendre de l’ampleur, fragilisant notre avenir sur l’autel de la surproduction et du consumérisme matérialiste et compulsif, moteur d’un modèle capitaliste mortifère.

Cette crise écologique est par ailleurs intimement liée à une crise existentielle aux contours encore mal dessinés, mais perceptible à travers la hausse constante des ventes d’antidépresseurs, les taux élevés de suicide, et la croissance du vote xénophobe et conservateur, qui traduit un mal-être général face à un mode de vie centré sur des valeurs désenchanteresses.

« 35 millions de personnes meurent chaque année de la faim. Toutes les 5 secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard de personnes sont en permanence sous-alimentées. »

Jean Ziegler

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