Fin du secret médical en prison : un jeu très dangereux de M.Poggia sans cohérence

Le 19 Mars 2014, le Conseil d’Etat a transmis au Grand Conseil une modification législative qui forcerait les professionnels de santé à lever obligatoirement leur secret médical pour évaluer la dangerosité des détenus.


Alors que de nombreux genevois et genevoises renoncent aux soins médicaux par manque de moyens, la réponse au niveau de la santé de M.Poggia est une attaque du secret médical en prison, le secret médical qui est la base de tous les liens qui unissent le médecin à son patient. En manque d’idée, s’attaquer aux prisonniers, voilà la méthode pour détourner l’attention et paraître actif. Le liens avec la sombre histoire des Paquerettes est facile à faire, cependant dans ce drame le secret médical n’a joué aucun rôle.
« Evaluer la dangerosité des détenus »… Mais où sera la limite ? Faudra-t-il raconter les violences subies durant l’enfance ? Les possibles prises de substances actuelles ? Comme la loi prévoit une obligation de délation, si le médecin ne révèle pas une information qui sera considérée dans l’avenir comme très dangereuse, la loi et l’opinion publique se retourneront contre lui. Difficile de faire une bonne médecine dans ces conditions, avec un pistolet juridique sur la tempe.

L’effet le plus néfaste d’une telle mesure sera la baisse de confiance du patient envers la médecine pénitencière. Une bonne santé de la population carcérale assure une bonne santé de tous le canton, avec une telle loi les détenus seront privés d’un accès à la santé potable. Ils n’ont pas été condamnés à être en mauvaise santé.

Aujourd’hui on force les médecins à rompre leur secret médical soit disant pour protéger la communauté (alors que le détenus est déjà en prison…). Cependant nous n’avons jamais vu un avocat rompre son secret professionnel lorsque celui-ci défend un meurtrier ou un violeur. Alors que dans ce cas, il s’agit d’une personne qui risque d’être remise en liberté. A cette remarque, les avocats répondront qu’ils ont besoin de ce secret pour bien faire leur travail, il en va de même donc pour les professionnels de santé.

Non à la suppression du secret médical.

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